11 mai 2026

Le péril des mines au Mali : quand la pauvreté mène les femmes à une mort certaine

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Un effondrement de terrain a causé la mort de six femmes ce vendredi 9 janvier 2026 à Kéniéty, dans le cercle de Kéniéba. Ce drame met en lumière une réalité poignante : la précarité économique extrême qui force des mères de famille à risquer leur vie chaque jour pour simplement survivre.

Le sacrifice des mères face à la faim

La présence des femmes sur ces sites d’orpaillage particulièrement dangereux n’est pas un choix, mais un impératif vital. Guidées par la nécessité absolue de nourrir leurs enfants et de subvenir aux besoins de leur foyer, elles endurent des conditions de travail inhumaines. Dans la région de Kayes, il est courant de les voir travailler plus de douze heures par jour sous une chaleur accablante pour quelques fragments de métal précieux.

Cette lutte contre la pauvreté les contraint à opérer dans les zones les plus risquées des sites miniers. Souvent écartées des galeries les plus productives, monopolisées par les hommes, elles sont reléguées dans des fosses abandonnées ou d’anciennes mines déjà instables. Ces zones dites « résiduelles », jugées trop dangereuses par les autres orpailleurs, se transforment en pièges mortels lorsque leurs parois s’effondrent sous l’effet de l’érosion.

Un cycle de vulnérabilité extrême

Le danger ne se limite pas aux spectaculaires glissements de terrain. En raison de leur fragilité financière, ces femmes sont les premières exposées à un ensemble de risques sanitaires et sociaux. Elles manipulent sans aucune protection des produits chimiques très toxiques, comme le mercure, s’exposant ainsi à des pathologies graves et irréversibles. Cette quête d’or les rend également particulièrement vulnérables aux violences basées sur le genre (VBG) et à l’exploitation sur les sites.

La tragédie de Kéniéty, où six femmes, dont deux étaient mariées, ont perdu la vie, illustre tragiquement ce cycle. Elles ont été surprises par un éboulement soudain alors qu’elles grattaient les parois d’une ancienne mine chinoise pour y trouver quelques pépites. Malgré l’intervention rapide des secouristes locaux avec des moyens limités, le poids de la terre a anéanti tout espoir.

L’urgence d’une alternative économique

Pour la population de Dialafara, la gestion des sites après l’exploitation est devenue une question de sécurité majeure. Le fait que des compagnies minières abandonnent la région en laissant derrière elles des cratères ouverts est une invitation au drame pour les plus démunis. Le remblayage systématique des sites miniers après leur exploitation est désormais exigé comme une mesure de protection indispensable pour éviter que les femmes ne s’y aventurent.

Au-delà de la sécurisation des infrastructures, la question de l’autonomisation économique demeure cruciale. Les autorités de la transition militaire sont sollicitées, par le biais des services sociaux, pour renforcer les compétences de ces femmes et les orienter vers d’autres activités génératrices de revenus. Sans une véritable alternative à l’orpaillage, la pauvreté continuera de livrer ses victimes aux profondeurs de la terre malienne.

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