2 juin 2026

Eveil des Nations

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Le Mali face à l’échec des alliances militaires internationales

Les soldats russes de l’Africa Corps, déployés au Mali après le départ des Français, ont évacué la ville stratégique de Kidal sans livrer combat. Une scène inhabituelle qui illustre l’incapacité des nouvelles autorités militaires à sécuriser le pays, désormais ciblé par des attaques rebelles coordonnées menées par des Touaregs alliés à des groupes djihadistes.

une situation sécuritaire qui se dégrade rapidement

Les images des 2500 militaires russes quittant Kidal sous les yeux des rebelles ont marqué un tournant. La veille, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GNIM), lié à Al Qaeda, revendiquait des attaques simultanées dans plusieurs régions, y compris la capitale Bamako. Dans leur communiqué, ils exhortaient les Russes à ne pas intervenir, promettant en échange une future collaboration.

Cette passivité contraste fortement avec les promesses initiales : remplacer les Français, jugés indésirables, par des alliés plus fiables. Pourtant, depuis leur arrivée, la sécurité au Mali n’a cessé de se détériorer, atteignant un niveau critique en cinq ans de pouvoir militaire.

un régime sous pression

Le ministre malien de la Défense a été tué lors d’une attaque contre sa résidence, tandis que les rebelles et djihadistes étendent leur emprise sur des zones entières du pays. La reprise de Kidal en 2023, symbole de la victoire de l’armée malienne épaulée par les Russes, semble aujourd’hui un lointain souvenir.

Les civils maliens, pris entre le marteau et l’enclume, subissent les conséquences de cette impasse. Un blocus récent à Bamako a privé le pays de carburant, aggravant une crise déjà profonde. Si le pouvoir en place tient encore, sa légitimité est sérieusement ébranlée.

les risques d’un éclatement du Mali

La situation actuelle fait craindre une partition du Mali : les indépendantistes touaregs au nord et les groupes djihadistes se disputant le territoire. Le GNIM, dont les ambitions dépassent les frontières maliennes, pourrait s’attaquer aux pays voisins comme le Niger et le Burkina Faso, tous deux membres de l’Alliance des États du Sahel.

Les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest, déjà vulnérables aux incursions djihadistes, pourraient également être touchés. Une victoire de ces groupes à Bamako aurait des répercussions régionales majeures.

l’échec d’une décennie de lutte antiterroriste

En 2014, l’intervention française avait permis au Mali de reprendre le contrôle du nord, alors sous la menace djihadiste. Mais depuis, la situation n’a cessé de se dégrader : coups d’État, départ des Français, arrivée des Russes, tous ont échoué à stabiliser le pays.

Quatre ans après le remplacement des forces françaises, l’échec est patent. Les populations, épuisées par plus d’une décennie de violence, paient le prix fort de cette instabilité chronique.

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