27 juin 2026

Eveil des Nations

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Le Gabon s’engage fermement pour le commerce intra-africain sous l’impulsion d’Oligui Nguema

Le commerce intra-africain s’affirme désormais comme une pierre angulaire de la stratégie économique gabonaise. Lors d’un Conseil des ministres tenu le 25 juin à Libreville, le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, a donné des instructions claires à son gouvernement : accélérer la concrétisation de cette orientation, jugée fondamentale pour la diversification de l’économie nationale. Cette directive présidentielle va au-delà d’une simple déclaration d’intention, exigeant des indicateurs précis et un échéancier strict.

L’importance de cette démarche dépasse la simple portée diplomatique. Le Gabon, dont les revenus extérieurs dépendent encore fortement du pétrole, du manganèse et du bois, aspire à étendre ses marchés régionaux et à capter une part plus significative des échanges commerciaux sur le continent. La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), pleinement opérationnelle depuis 2021, représente le cadre idéal pour cette ambition. Il est donc impératif que les administrations gabonaises se dotent des outils nécessaires pour exploiter pleinement ce potentiel.

Une exigence présidentielle : des résultats tangibles attendus

En adoptant un ton ferme devant son équipe gouvernementale, le président de la Transition a clairement signifié que l’heure n’était plus à l’attentisme. Les ministres directement concernés, notamment ceux en charge du Commerce, de l’Économie, des Transports et des Affaires étrangères, sont désormais sommés de présenter des réalisations concrètes. Cette pression interne s’inscrit dans la méthode de gouvernance du chef de l’État, qui multiplie les injonctions de performance depuis le changement de régime d’août 2023.

Concrètement, plusieurs chantiers complémentaires sont au cœur de cette dynamique. Parmi les leviers prioritaires figurent la simplification des procédures douanières, la suppression des entraves non tarifaires, la modernisation des infrastructures logistiques et la promotion active des produits gabonais sur les marchés d’Afrique centrale, d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique australe. Le secteur industriel local, encore en développement, devra également renforcer ses capacités pour répondre aux standards exigeants de la demande continentale en matière de normes et de traçabilité.

Le Gabon et le pari panafricain : une vision géoéconomique affirmée

La stratégie prônée par Brice Clotaire Oligui Nguema révèle une vision géoéconomique assumée pour le Gabon. Pour Libreville, le commerce intra-africain constitue à la fois un instrument de souveraineté et un rempart face à l’instabilité des cours des matières premières. La proportion des échanges au sein des nations africaines reste historiquement faible, oscillant entre 15 et 16 % du total des échanges du continent, contrastant avec les plus de 60 % observés en Europe ou en Asie. Cet écart structurel est précisément ce que la ZLECAf vise à corriger.

Le positionnement panafricain du Gabon intègre également une dimension politique significative. En multipliant les références à l’intégration continentale, le président cherche à inscrire son action dans une perspective à long terme, au-delà de la période de transition. Cette narration contribue également à améliorer l’image internationale du pays, alors que Libreville s’attache à consolider ses partenariats régionaux, notamment au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), marquant un véritable éveil politique Afrique.

Des obstacles structurels à surmonter avec célérité

Toutefois, la concrétisation des directives présidentielles se heurtera inévitablement à des défis bien connus. Le manque criant d’infrastructures de transport reliant le Gabon à ses voisins, la complexité de certaines procédures administratives, le coût élevé de l’énergie et la compétitivité limitée de plusieurs filières restreignent la capacité du pays à s’imposer comme un hub régional. Les acteurs économiques gabonais soulignent régulièrement la difficulté d’accéder aux marchés voisins, malgré l’existence de cadres juridiques communautaires.

Par ailleurs, l’essor des échanges intra-africains exige une collaboration étroite avec le secteur privé. Les chambres de commerce, les fédérations patronales et les opérateurs portuaires devront être activement impliqués dans l’élaboration d’une feuille de route opérationnelle. Sans cette synergie, l’ambition présidentielle risque de se diluer en de simples annonces sans impact mesurable. À ce jour, aucun calendrier précis n’a été communiqué concernant les premières étapes attendues du gouvernement.

Le défi est clair : transformer une orientation politique forte en bénéfices économiques quantifiables. La capacité de l’exécutif gabonais à produire des résultats concrets dans les mois à venir sera attentivement suivie, tant par les milieux d’affaires que par les partenaires régionaux du pays.

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