21 août 2026

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Le drame de Zamboï et les ombres du secteur aurifère camerounais

Des orpailleurs creusent la terre sur le site minier de Bétaré-Oya, au Cameroun, le 4 avril 2018.

L’effondrement tragique survenu récemment à la mine de Zamboï, en République Centrafricaine, résonne comme un signal d’alarme retentissant. Cet événement dramatique, bien que localisé, met en lumière les problématiques profondes et les dérives persistantes qui gangrènent le secteur de l’or dans la région, notamment au Cameroun voisin. Il soulève des questions cruciales sur la sécurité, la légalité et l’impact environnemental de l’exploitation minière artisanale.

Un écho des risques de l’orpaillage au Cameroun

Le drame de Zamboï, situé en Centrafrique, ne doit pas être perçu comme un incident isolé. Il illustre la précarité des conditions dans lesquelles opèrent de nombreux orpailleurs à travers l’Afrique centrale. Au Cameroun, l’activité d’extraction d’or informelle est monnaie courante et souvent dangereuse, comme en témoigne la présence d’orpailleurs sur des sites miniers tels que celui de Bétaré-Oya, où des mineurs creusent inlassablement la terre dans l’espoir de trouver le précieux métal.

Cette quête de richesse, fréquemment menée sans équipement adéquat ni respect des normes de sécurité élémentaires, expose les travailleurs à des dangers constants. Les effondrements de galeries, les glissements de terrain et les accidents liés à l’utilisation d’outils rudimentaires sont des risques quotidiens qui pèsent lourdement sur la vie de ces hommes et femmes.

Les dérives du secteur aurifère artisanal

Les dérives du secteur de l’or au Cameroun sont multiples et complexes. L’absence d’une réglementation stricte et d’un contrôle efficace favorise malheureusement l’émergence d’une économie souterraine florissante. Cette situation génère non seulement des pertes fiscales importantes pour l’État, mais aussi des problèmes environnementaux majeurs. L’utilisation de produits chimiques toxiques, comme le mercure, pour l’extraction de l’or, contamine les sols et les cours d’eau, menaçant gravement la santé des populations locales et la biodiversité environnante.

En outre, l’exploitation aurifère artisanale est fréquemment le théâtre de tensions sociales, de conflits fonciers et d’activités illicites. La porosité des frontières dans la sous-région facilite la circulation des minerais extraits illégalement, alimentant un commerce opaque qui échappe à toute traçabilité et légitimité, aggravant l’insécurité.

Urgence d’une meilleure gouvernance minière

Le cas de Zamboï est un rappel percutant de la nécessité d’une réforme profonde et urgente de la gouvernance du secteur minier. Pour le Cameroun, cela implique de renforcer le cadre législatif, d’améliorer considérablement les conditions de travail des orpailleurs, de mettre en place des mesures de sécurité rigoureuses et de lutter efficacement contre l’exploitation illégale. Seule une approche globale, associant réglementation, sensibilisation, formation et développement d’alternatives économiques viables, permettra de transformer ce secteur à haut risque en une source de développement durable et responsable pour les nations africaines concernées.

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