Le cardinal Ambongo : la paix avant la réforme constitutionnelle en RDC
Le cardinal Ambongo : la paix avant la réforme constitutionnelle en RDC
Lors d’une messe célébrée à la cathédrale Notre-Dame du Congo, le cardinal Fridolin Ambongo a dressé un tableau alarmant de la situation en République démocratique du Congo. L’archevêque de Kinshasa a dénoncé l’insécurité chronique, les conflits armés, la présence de forces étrangères sur le territoire, la pauvreté généralisée et la résurgence de l’épidémie d’Ebola. Dans ce contexte, il a estimé qu’une révision constitutionnelle n’est ni une nécessité ni une priorité.
« Pensons-nous vraiment que le changement de la Constitution, présenté comme une solution à tous ces maux, est la réponse appropriée aux souffrances du peuple congolais ? Avec en ligne de mire un troisième mandat, cette réforme nous semble inadaptée. Face à la gravité de la situation, il n’y a ni urgence ni besoin de modifier la Loi fondamentale. La priorité de la RDC, c’est la paix. C’est pourquoi la Conférence épiscopale nationale du Congo œuvre sans relâche pour instaurer un dialogue global et inclusif », a tranché Ambongo.
Mobilisation de l’opposition
Cette position est également soutenue par le Comité laïc de coordination, la Cenco et l’Église du Christ au Congo. Pour ces institutions, une réforme constitutionnelle n’est ni nécessaire ni urgente dans le climat actuel.
Présente à la cérémonie, Marie-Ange Mushobekwa, ancienne ministre et cadre du Front commun pour le Congo (FCC, plateforme de l’ex-président Joseph Kabila), a réaffirmé l’opposition de son mouvement à toute modification de l’article 220 de la Constitution.
« L’article 220 est intangible. La Constitution stipule clairement qu’un président élu ne peut effectuer qu’un seul mandat renouvelable. Au terme de ces deux mandats, il doit quitter le pouvoir et passer la main à un successeur choisi par le peuple. Dès lors, tous les partis et plateformes politiques composant le FCC participeront aux manifestations pour empêcher tout changement constitutionnel. Nous serons dans la rue le 8 juillet pour défendre et protéger notre Constitution », a rappelé Mushobekwa.
« Nous serons dans la rue le 8 juillet »
Même son de cloche du côté des mouvements citoyens. Plamédie Bamata, du mouvement Patriotisme, appelle la jeunesse congolaise à se joindre à la manifestation prévue par l’opposition le 8 juillet prochain.
« Nous sommes déterminés à mettre fin à ce projet de troisième mandat, pour lequel les Congolais ont déjà versé beaucoup de sang en luttant pour que cette Constitution existe. Nous serons dans la rue le 8 juillet. Nous marcherons jusqu’au Palais de la Nation pour exprimer notre mécontentement et dire non à tout projet de balkanisation de notre pays », a insisté Bamata.
Après son adoption par les deux chambres du Parlement, la proposition de loi fixant les modalités d’organisation d’un référendum sur le changement de Constitution a été transmise au président de la République pour promulgation. Le gouvernement et la majorité présentent ce texte comme un cadre juridique pour le recours au référendum. L’opposition, quant à elle, estime qu’il pourrait ouvrir la voie à une révision de la Loi fondamentale.