18 août 2026

Eveil des Nations

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La justice malienne muselle les voix critiques : le cas Ras Bath et Rose « la vie chère »

Le couperet de la justice militaire s’est abattu une fois de plus à Bamako. Mohamed Youssouf Bathily, plus connu sous le pseudonyme de Ras Bath, et l’influenceuse Rokia Doumbia, alias Rose « la vie chère », ont été reconnus coupables par un tribunal de la capitale malienne et condamnés à une peine de dix ans de réclusion. Cette sentence comprend trois ans avec sursis, ce qui se traduit par sept années d’emprisonnement ferme.

Poursuivis pour « association de malfaiteurs » et « atteinte au crédit de l’État », le chroniqueur radio et la militante engagée contre le coût de la vie subissent les lourdes conséquences de leurs critiques incessantes envers les autorités de transition du Mali, actuellement dirigées par le général Assimi Goïta.

Une répression croissante des voix divergentes au Mali

Loin d’être un incident isolé, cette double condamnation s’inscrit dans un contexte de répression systématique au Mali, où toute opposition finit par être réduite au silence. Une tendance alarmante qui voit s’allonger la liste des personnalités publiques et politiques ciblées :

  • Les figures politiques sous pression

    Étienne Fakaba Sissoko, économiste de renom et ancien conseiller présidentiel, purge actuellement une peine d’emprisonnement ferme. Son tort ? Avoir publié un ouvrage qui analysait de manière critique la gestion de la transition politique au Mali. Avant lui, l’ancien ministre de la Justice, Malick Coulibaly, ainsi que plusieurs leaders de partis d’opposition, ont été confrontés à des poursuites judiciaires ou des détentions jugées arbitraires.

  • Les acteurs de la société civile et activistes ciblés

    Clément Dembélé, une figure emblématique de la lutte anticorruption au Mali, a également connu la détention après avoir publiquement remis en question certaines orientations stratégiques du pouvoir en place. De nombreux autres activistes des réseaux sociaux ont vu leurs plateformes fermées ou leurs libertés restreintes pour de simples publications concernant la situation sécuritaire ou économique du Mali.

  • La presse et les médias sous surveillance

    Les journalistes locaux exerçant au Mali évoluent dans un climat de menaces permanentes d’interpellation ou de suspension d’antenne. Parallèlement, plusieurs médias internationaux de grande envergure se voient toujours interdire l’accès au territoire malien, renforçant ainsi la chape de plomb sur l’information.

Quand la critique devient un crime d’État

Pour le collectif d’avocats représentant Ras Bath et Rose « la vie chère », ce verdict est une confirmation éclatante de l’instrumentalisation du système judiciaire au Mali. Selon eux, cette manœuvre vise à étouffer toute forme de débat citoyen et à museler la liberté d’expression. Bien que la défense ait immédiatement annoncé son intention de se pourvoir en Cour suprême, le constat demeure préoccupant : au Mali, contester le coût de la vie ou la gouvernance militaire est désormais perçu comme une infraction d’État, menaçant gravement la démocratie et le droit à l’information.

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