Kinshasa : la capitale tourne au ralenti face au projet de révision constitutionnelle
Kinshasa, le cœur battant de la République démocratique du Congo, affiche un visage inhabituellement calme ce mercredi 3 juin. Cette atmosphère de « ville morte » fait suite au mot d’ordre lancé par l’opposition. L’objectif de cette mobilisation est clair : contester fermement le projet de modification de la Constitution, perçu comme une manœuvre permettant à Félix Tshisekedi de prolonger son autorité à la tête du pays.
Un réveil sous haute surveillance sécuritaire
Habituellement bouillonnante dès les premières lueurs de l’aube, la métropole congolaise semble aujourd’hui figée. Les transports en commun se font rares, les écoliers désertent les rues et de nombreux rideaux de fer restent baissés. Cette situation témoigne d’un éveil politique Afrique qui s’exprime par le refus du changement des règles fondamentales.
Le district de Mont-Amba en suspens
Dans le secteur de Mont-Amba, la route menant à l’Université de Kinshasa est méconnaissable. À l’heure où des milliers d’étudiants s’y pressent d’ordinaire, le silence règne. Les forces de l’ordre ont pris position le long de la chaussée. Les arrêts de bus sont désespérément vides et certaines stations-services, à l’instar de la station Salongo, n’ont pas osé ouvrir leurs pompes.
La présence militaire est également notable, notamment sur l’avenue Bypass où circulent des véhicules de l’armée. Le célèbre rond-point Ngaba, épicentre habituel des embouteillages, est resté quasi désert durant toute la matinée.
Limete et la zone Est sous pression
À Limete, quartier stratégique traversé par les boulevards Lumumba et Poids lourds, l’activité est également en berne. Les habitants du district de Tshangu rapportent une difficulté extrême à trouver un moyen de transport pour rejoindre le centre-ville. Par mesure de précaution, de nombreux propriétaires de véhicules privés ont choisi de ne pas sortir leurs engins, craignant d’éventuels débordements.
La police multiplie les patrouilles dans cette zone, avec des dispositifs particulièrement renforcés au niveau de la 1ère rue. Cet événement s’inscrit dans l’actualité panafricaine où les débats sur la longévité au pouvoir agitent plusieurs nations.