Guinée-Bissau : Embaló officialise sa candidature et entre en lice pour 2025
Umaro Sissoco Embaló officialise sa candidature à la présidentielle
Le président de la Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embaló, a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle à venir. Une décision qui met fin aux spéculations et clarifie le paysage politique bissau-guinéen.
À Bissau, l’incertitude est levée. Le chef de l’État sortant, Umaro Sissoco Embaló, a confirmé qu’il briguerait un second mandat. Après avoir entretenu le doute et évoqué à plusieurs reprises la possibilité de ne pas se représenter, il a finalement répondu favorablement aux sollicitations de ses partisans et des responsables de sa coalition.
Cette annonce replace le président au cœur de l’arène politique, alors que le pays s’engage dans une période électorale déterminante.
Un bilan entre réformes et instabilité
Au pouvoir depuis son élection contestée de fin 2019 et son investiture au début de l’année 2020, Umaro Sissoco Embaló met en avant son action en faveur du rayonnement diplomatique de la Guinée-Bissau et de la modernisation des infrastructures. Il a notamment présidé la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, ce qui a redonné une visibilité internationale au pays.
Toutefois, son mandat a aussi été marqué par une forte instabilité politique intérieure :
- Dissolutions répétées du Parlement : le président a dissous l’Assemblée nationale populaire à deux reprises (en 2022 et fin 2023), invoquant des tentatives de déstabilisation et des crises institutionnelles.
- Tensions avec l’opposition : la coalition d’opposition, emmenée par le PAIGC, a dénoncé à maintes reprises une dérive autoritaire et des restrictions des libertés publiques.
- Sécurisation du régime : le pouvoir a dû faire face à plusieurs épisodes de tensions militaires et à des tentatives de coup d’État présumées dans la capitale.
Vers un scrutin sous haute surveillance
En officialisant sa candidature, Umaro Sissoco Embaló lance la campagne électorale. Les prochains mois seront décisifs, notamment en ce qui concerne l’organisation matérielle du scrutin et la participation des forces de l’opposition.
Pour les observateurs régionaux et les partenaires internationaux, l’enjeu principal reste la tenue d’un processus électoral inclusif, transparent et apaisé, afin de préserver la stabilité politique encore fragile de ce pays d’Afrique de l’Ouest.