11 mai 2026

Financement local de la santé reproductive au Burkina Faso : enjeux et solutions

financement local de la santé reproductive au Burkina Faso : enjeux et solutions

Dans un contexte marqué par une crise sécuritaire persistante et un recul des financements internationaux, le Burkina Faso explore des solutions endogènes pour maintenir ses services de santé sexuelle et reproductive (SSR). Une rencontre organisée par le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) a permis d’échanger sur des alternatives innovantes pour garantir ces droits fondamentaux.

une dépendance excessive aux bailleurs extérieurs

Selon les dernières données du ministère de la Santé burkinabè, plus de 81 % des fonds alloués à la SSR provenaient de partenaires étrangers. Cependant, ces contributions se raréfient depuis plusieurs années, contraignant les autorités à repenser leur stratégie de financement. Cette situation menace directement la continuité des services, notamment dans les zones reculées ou en proie à l’insécurité.

des initiatives locales pour pallier le manque de ressources

Pour Désiré Thiombiano, directeur de AMS Synergie Burkina Faso, la solution réside dans l’implication active des communautés. « Il est désormais impératif de ne plus dépendre uniquement des partenaires. Chaque acteur, y compris les populations, doit contribuer à la mobilisation des ressources pour éviter les conséquences dramatiques comme les grossesses précoces, les mariages forcés ou les décès maternels », a-t-il déclaré. Trois axes principaux ont été identifiés :

  • Sensibilisation des populations : informer sur l’importance de la contribution individuelle et collective aux programmes de SSR.
  • Renforcement de la masculinité positive : impliquer les leaders communautaires, religieux et les hommes influents dans les campagnes de plaidoyer et de communication.
  • Collecte communautaire transparente : institutionnaliser des mécanismes de financement local via les collectivités territoriales pour une gestion rigoureuse et pérenne des fonds.

Désiré Thiombiano, directeur de AMS Synergie Burkina Faso

l’engagement de l’État burkinabè malgré les défis

Dr Clarisse Bougma, représentante de la direction de la Santé de la Famille, a mis en avant les efforts du gouvernement. Entre 2020 et 2025, près de 3,9 milliards de francs CFA ont été investis dans l’achat de produits contraceptifs. Malgré la baisse des financements extérieurs, le ministère de la Santé maintient ses actions, en ciblant particulièrement les régions difficiles d’accès. « La mobilisation des ressources locales est une priorité absolue. Elle garantit la durabilité des programmes et accélère l’atteinte des objectifs sanitaires nationaux et internationaux », a-t-elle souligné.

le rôle clé des médias dans la promotion de solutions locales

Boureima Sanga, coordinateur du REMAPSEN au Burkina Faso, a souligné l’importance de cette rencontre dans une démarche de plaidoyer et de renforcement des capacités. « Dans un contexte de crises multiples, il est crucial que les médias maîtrisent les mécanismes de financement endogène. Cela leur permet de sensibiliser efficacement la population et de soutenir la souveraineté sanitaire du pays », a-t-il expliqué. Le REMAPSEN, créé en 2020 avec l’appui du Partenariat de Ouagadougou, organise régulièrement ces échanges pour promouvoir des solutions locales et durables en matière de santé publique.

Boureima Sanga, coordinateur du REMAPSEN Burkina Faso
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