Discours percutant de Félix Tshisekedi à l’ONU sur la crise en RDC
BERLIN, GERMANY - NOVEMBER 15: Democratic Republic of Congo (DRC) President Felix Tshisekedi addresses the media during a press conference with the German Chancellor at the Chancellery on November 15, 2019 in Berlin, Germany. Tshisekedi, who took office in January of this year, is visiting France and Germany this week. (Photo by Michele Tantussi/Getty Images)
Un discours historique à Luanda face à la communauté internationale
Lors de sa visite officielle en Angola, Félix-Antoine Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo, a marqué l’histoire par un discours d’une force politique inégalée à la tribune de la troisième édition de l’Alliance des civilisations des Nations unies (UNAOC). Accueilli avec chaleur par son homologue angolais João Lourenço, le chef de l’État congolais a brisé les codes de la diplomatie traditionnelle pour dénoncer l’aveuglement coupable de la communauté internationale face au drame humanitaire qui frappe l’Est de la RDC.
Pour Félix Tshisekedi, cette inertie n’est pas seulement une trahison des valeurs universelles, mais aussi le symptôme d’un ordre mondial en pleine déliquescence. Le conflit à l’Est de la RDC, loin d’être un simple fait divers régional, révèle selon lui les failles profondes du droit international et la banalisation croissante de la guerre.
« Plus de silence, plus d’indifférence » : un plaidoyer sans fard
Face à un parterre de dirigeants mondiaux, de diplomates et de représentants de la société civile, le président congolais a choisi de rompre avec les formules diplomatiques lissées pour asséner des vérités brutales. Son message, à la fois percutant et désespéré, a résonné comme un réquisitoire implacable contre l’inaction internationale :
« Nous devons refuser la banalisation de la guerre. L’indignation sans lendemain ne suffit plus. Le silence des convenances est un luxe que notre époque ne peut plus se permettre. Compter les victimes pour mieux les oublier ? Non. Le droit international ne peut devenir un simple langage cérémoniel, vide de toute portée. »
Félix Tshisekedi a clairement pointé du doigt le soutien rwandais aux rebelles du M23, dénonçant une agression camouflée sous couvert de rébellion. Pour lui, la paix ne se décrète pas par des discours creux ou un calme éphémère des armes. Elle exige justice, vérité et un respect intransigeant de la souveraineté de la RDC.
La RDC, un test décisif pour le multilatéralisme mondial
S’étendant au-delà des frontières congolaises, Félix Tshisekedi a mis en garde l’assistance : ignorer le chaos sécuritaire dans la région des Grands Lacs, c’est affaiblir la sécurité de toute la planète. Dans son discours, il a dressé un parallèle glaçant entre la situation en RDC et la crise de crédibilité du multilatéralisme :
« Quand la loi du plus fort prime sur la force du droit, aucun peuple ne peut se sentir en sécurité. La violation des frontières d’un État souverain, parrainée par des pays voisins sans sanctions lourdes, fragilise la sécurité globale de chaque nation. »
Pour Kinshasa, cette crise n’est pas seulement une urgence africaine, mais un vrai défi systémique qui teste la solidité des institutions internationales. La RDC, en tant que présidente tournante du Conseil de sécurité de l’ONU depuis juillet 2026, voit dans cette crise l’occasion de redonner un sens au multilatéralisme.
Des échanges diplomatiques stratégiques avec João Lourenço
En marge du forum de Luanda, Félix Tshisekedi et João Lourenço, médiateur de l’Union africaine pour la crise en RDC, ont mené des discussions approfondies sur les prochaines étapes du processus de paix. Ces entretiens en tête-à-tête ont permis d’évaluer l’évolution de la situation sur le terrain et d’affiner la stratégie diplomatique pour faire avancer les initiatives de paix.
Alors que la RDC prend les rênes de la diplomatie internationale, ce déplacement à Luanda marque le début d’une offensive déterminée pour transformer les paroles en actes concrets. Le président congolais a clairement indiqué que son pays ne se contenterait plus de promesses vides, mais exigerait des mesures tangibles de la part de la communauté internationale.