14 mai 2026

Défaite des jihadistes de Boko Haram face à l’offensive régionale

défaite des jihadistes de Boko Haram face à l’offensive régionale

Boko Haram, Kano Nigeria, lac Tchad, Niger

Les groupes armés de Boko Haram subissent un revers stratégique dans leur bastion du lac Tchad. Depuis plusieurs jours, une coalition régionale composée des armées tchadienne, nigériane et nigérienne mène des frappes aériennes et des opérations terrestres ciblées. Ces actions ont forcé les jihadistes à abandonner leurs positions sur plusieurs îles du lac Tchad, zone frontalière partagée entre le Nigeria, le Cameroun, le Niger et le Tchad.

Une offensive coordonnée contre les camps de Boko Haram

Les frappes aériennes tchadiennes ont débuté vendredi sur des îles reculées du lac Tchad, où les jihadistes s’étaient retranchés depuis 2009. Ces zones, difficiles d’accès, servaient de refuge à Boko Haram ainsi qu’à l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap). Les bombardements ont également touché des civils, notamment des pêcheurs nigérians, contraints de payer un tribut imposé par le groupe armé.

Des témoignages recueillis dans la région de Bosso, au Niger, confirment la gravité de la situation. Des vidéos, analysées par des observateurs locaux, montrent des victimes de brûlures graves soignées dans les hôpitaux de la zone. Parmi eux, Suleiman Hassan, un pêcheur originaire de Maiduguri, a témoigné :

« Les jihadistes de Boko Haram fuient les îles de la région de Shuwa, située à la frontière entre le Nigeria, le Niger et le Tchad. Sous les bombardements, ils abandonnent leurs camps avec leurs familles à bord de petites pirogues, notamment sur les îles de Dogon Chukwu, Kangarwa, Gashakar, Yawan Mango et Kwatar Mota. »

Les forces tchadiennes ont également engagé des combats terrestres sur l’île de Kaukeri, considérée comme l’un des derniers bastions de Boko Haram dans la région. Ces opérations s’inscrivent en réponse aux attaques récentes du groupe contre l’armée tchadienne, ayant coûté la vie à plusieurs militaires de haut rang.

Une riposte aux attaques meurtrières de Boko Haram

Le Tchad a décrété trois jours de deuil national la semaine dernière, après une embuscade ayant coûté la vie à deux généraux. Quelques jours plus tôt, une autre attaque contre une base militaire sur les rives du lac avait fait au moins 24 morts parmi les soldats tchadiens. Ces événements ont précipité la mise en place d’une réponse militaire conjointe.

Selon une source du renseignement nigérian, l’opération est menée en étroite collaboration entre les trois pays :

  • Le Tchad coordonne les frappes aériennes avec deux avions de chasse.
  • Le Nigeria et le Niger apportent également leur soutien aérien.

« Les jihadistes et leurs familles sont désormais piégés sur les rives du lac, craignant de se déplacer vers des zones contrôlées par l’Iswap, leur rival depuis leur scission en 2016 », explique la source, qui préfère garder l’anonymat.

Un conflit aux conséquences humanitaires dramatiques

Depuis son émergence en 2009, l’insurrection de Boko Haram a causé des milliers de morts et déplacé plus de trois millions de personnes, principalement dans le nord-est du Nigeria. Les violences se sont étendues aux pays voisins, poussant le Niger, le Tchad et le Cameroun à réactiver leur force multinationale mixte, créée en 1994 pour lutter contre les groupes armés.

Cette offensive régionale marque un tournant dans la lutte contre le terrorisme dans la zone du lac Tchad. Les autorités locales espèrent que ces actions permettront de réduire durablement la menace posée par Boko Haram et d’apporter une stabilité tant attendue aux populations affectées.

Copyright © All rights reserved. | Newsphere par AF themes