Décès de Clément Atangana, président du Conseil constitutionnel camerounais, à Paris : une institution sous le choc Actualités Par Oumou Salifou - 4 octobre 20260 Enregistrer en PDFÉcouter la lecture3 min×1 La disparition de Clément Atangana, président du Conseil constitutionnel du Cameroun, survenue ce matin à Paris, marque un tournant brutal pour l’institution qu’il dirigeait. Hospitalisé en France pour des soins médicaux, le magistrat de 85 ans n’a pas survécu, laissant derrière lui un héritage institutionnel marqué par une partialité controversée.Un magistrat au parcours controverséOriginaire de Ngomedzap, dans le département du Nyong-et-So’o, Clément Atangana a mené une carrière de magistrat avant de présider le Conseil constitutionnel. Son mandat, marqué par des décisions judiciaires contestées, a souvent été perçu comme aligné sur les positions du pouvoir en place. En 2018, lors du contentieux électoral de la présidentielle, l’institution qu’il dirigeait a systématiquement rejeté les recours avec la mention « irrecevable », lui valant le surnom de « l’institution irrecevable » dans l’opinion publique.Une partialité documentée par ses propres motsLe soir de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle, une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux a capté Clément Atangana célébrant avec sa famille la victoire de Paul Biya. Dans cette séquence, le président du Conseil constitutionnel qualifiait le candidat du RDPC de « votre candidat », renforçant ainsi les suspicions de biais en faveur du pouvoir politique.Un engagement public controversé pour le président sortantEn 2025, Clément Atangana a participé à une réunion du Comité de développement du Nyong-et-So’o, qui s’est conclue par une motion de soutien explicite à Paul Biya et un appel à sa candidature pour un nouveau mandat. Malgré ses démentis ultérieurs, affirmant que cette participation relevait d’une association apolitique, l’événement a alimenté les critiques sur son manque de neutralité. Les images de sa jubilation lors de sa nomination en 2013 avaient déjà nourri les débats sur ses liens avec le régime.Un héritage qui interroge l’avenir du Conseil constitutionnelAvec le décès de Clément Atangana, le Cameroun enterre une figure controversée de son appareil judiciaire. L’institution qu’il laisse derrière lui, déjà critiquée pour son manque d’indépendance, devra désormais faire face à une refonte pour regagner la confiance des citoyens et des acteurs politiques. Dans un contexte où l’équilibre institutionnel est au cœur des débats, son départ précipite des questions sur la capacité du Conseil à assurer un arbitrage impartial dans les prochains scrutins. Par Oumou Salifou — Journaliste Suivre ce sujetRecevez les derniers articles dans votre lecteur RSSActualitésTous les articles