30 mai 2026

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Décentralisation au Tchad : albert pahimi padacké alerte sur les limites de l’administration centrale

Tchad

décentralisation au Tchad : albert pahimi padacké alerte sur les limites de l’administration centrale

L’ancien Premier ministre tchadien Albert Pahimi Padacké dénonce les freins à la décentralisation au Tchad, pointant une centralisation excessive qui entrave le développement local et l’autonomie des provinces.

Albert Pahimi Padacké lors de sa conférence sur la décentralisation au Tchad

Lors d’une conférence-débat organisée à l’amphithéâtre Idriss Déby Itno de l’École Nationale d’Administration (ENA), Albert Pahimi Padacké, ancien Premier ministre et actuel sénateur, a livré un diagnostic sans concession sur la décentralisation au Tchad. L’événement, qui a attiré une salle comble composée de cadres, d’étudiants et d’acteurs politiques, a mis en lumière les contradictions d’un système où les ambitions affichées se heurtent à une réalité bien différente.

Le thème « De la décentralisation dans la dynamique du développement : cas des conseils provinciaux » a servi de fil conducteur à une intervention de plus de deux heures, où le leader du RNDT-Le Réveil a alterné entre analyse technique et critique politique. Si le Tchad s’est officiellement engagé dans une démarche de régionalisation, Albert Pahimi Padacké a souligné que les avancées concrètes restent insuffisantes, voire inexistantes dans certains territoires.

Les promesses d’une gouvernance locale renforcée

Pour Albert Pahimi Padacké, la décentralisation représente bien plus qu’un simple cadre juridique : c’est un levier essentiel pour rapprocher les décisions des citoyens. En transférant les responsabilités aux conseils provinciaux, le développement pourrait enfin répondre aux besoins spécifiques des populations, qu’il s’agisse d’accès à l’éducation, aux soins ou aux infrastructures. « Une administration locale autonome est la clé d’un Tchad plus équitable et plus dynamique », a-t-il affirmé.

Pourtant, cette vision se heurte à une réalité tenace : la mainmise persistante de l’État central sur les ressources et les prérogatives. Selon lui, sans autonomie financière, les conseils provinciaux ne sont que des coquilles vides, incapables d’agir efficacement.

Le paradoxe tchadien : un cadre légal sans moyens concrets

Le sénateur a dénoncé ce qu’il qualifie de « résistance passive » de l’administration centrale, une inertie qui maintient les provinces dans une dépendance structurelle. Les compétences sont théoriquement transférables, mais les ressources financières, elles, restent sous contrôle étatique. « On ne peut pas parler de décentralisation quand les provinces dépendent encore des budgets décidés à N’Djamena », a-t-il martelé.

Albert Pahimi Padacké a rappelé que sans un véritable partage des pouvoirs et des budgets, la décentralisation au Tchad restera un mirage. Les conseils provinciaux, bien que créés, manquent cruellement de moyens pour mener à bien leur mission. Cette situation crée un déséquilibre persistant entre la capitale et les autres régions, freinant toute dynamique de développement harmonieux.

Appel à une refonte des pratiques administratives

Face à ce constat, la conférence a pris une tournure militante. Albert Pahimi Padacké a appelé à une révolution dans les mentalités et les pratiques, plaidant pour un transfert effectif des pouvoirs aux élus locaux. « Il est temps de faire confiance aux provinces et de leur donner les moyens de leurs ambitions », a-t-il lancé, provoquant des échanges animés avec le public, notamment parmi les futurs hauts fonctionnaires de l’ENA.

Les débats qui ont suivi ont confirmé l’urgence de repenser la gouvernance locale. La question de la décentralisation, bien que souvent évoquée, reste l’un des défis majeurs pour l’avenir institutionnel du Tchad. Albert Pahimi Padacké a conclu en insistant sur la nécessité d’agir rapidement : « Le développement du Tchad ne se décrète pas depuis les bureaux de la capitale. Il se construit sur le terrain, avec ceux qui en connaissent les réalités. »

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