Crise politique à Ziguinchor : quand pastef perd son unité
crise politique à Ziguinchor : quand pastef perd son unité

À Ziguinchor, le pastef, parti phare du paysage politique sénégalais, voit ses fondations ébranlées. Entre Djibril Sonko et Bassirou Coly, une lutte sans merci pour le contrôle du bastion local déchire désormais les rangs du mouvement. L’unité affichée jusqu’ici n’est plus qu’un lointain souvenir.
Ce qui devait rester une simple réunion de mobilisation à Soucoupapaye a révélé l’ampleur des fractures au sein du pastef. Sous les projecteurs, deux hommes se livrent une bataille politique qui menace de faire exploser le parti dans sa région la plus stratégique : Djibril Sonko, maire de Ziguinchor, et son adjoint Bassirou Coly. Leurs ambitions, désormais publiques, exposent une réalité troublante : le pastef n’est plus à l’abri des luttes internes.
Les discussions, officiellement centrées sur la préparation des prochaines élections, ont rapidement dévié vers des débats houleux. Autour de la table, Toussaint Manga et le professeur Alassane Diédhiou, figures respectées du parti, ont tenté de maintenir un dialogue. En vain. Les positions se sont radicalisées, opposant ceux qui soutiennent le bilan de Djibril Sonko à ceux qui, comme Bassirou Coly, aspirent à une nouvelle direction.
Ziguinchor, un enjeu bien plus large que la mairie
La mairie de Ziguinchor n’est pas un simple poste administratif : elle symbolise l’ancrage du pastef dans le sud du Sénégal. C’est dans cette ville que Ousmane Sonko a bâti une partie de sa légitimité politique. Aujourd’hui, cette légitimité vacille sous le poids des ambitions personnelles. Bassirou Coly, en revendiquant ouvertement sa candidature à la mairie, a lancé un défi que Djibril Sonko ne peut ignorer.
Le maire sortant défend son action avec véhémence, rappelant les projets menés sous sa mandature. Il rejette les critiques venues de l’intérieur, affirmant que les divisions internes ne doivent pas compromettre le développement de la commune. Pourtant, ses détracteurs pointent du doigt une gestion contestée et une communication politique défaillante, symptômes d’un malaise plus profond.
Les militants, présents en nombre, assistent impuissants à cette descente aux enfers. Certains évoquent déjà les conséquences d’un éventuel affaiblissement du parti dans cette ville emblématique. Les élections locales de 2027 s’annoncent comme un test crucial, et une défaite à Ziguinchor pourrait fragiliser la position du pastef à l’approche de la présidentielle de 2029.
Les appels à l’unité se multiplient, mais sur le terrain, les lignes de fracture se durcissent. Les prises de position publiques s’enchaînent, alimentant un climat de défiance. Entre ambitions individuelles et discipline collective, le pastef doit désormais faire face à un dilemme : sauver son unité ou risquer de perdre son bastion historique.