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Cotonou décrypte : comment l’énergie peut devenir un moteur de croissance pour l’afrique ?

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Derrière les coulisses du sommet : les véritables enjeux énergétiques de l’Afrique

Cotonou, capitale économique du Bénin, abrite jusqu’au 30 octobre 2026 une rencontre continentale majeure. Le 12ᵉ Sommet des think tanks africains (#ATTS2026) y est organisé, plongeant les décideurs et experts dans l’analyse approfondie des réformes du secteur électrique. Si l’accès à l’électricité reste un objectif affiché, les discussions révèlent une problématique bien plus profonde : comment transformer cette énergie en levier de développement réel pour les économies africaines ?

Organisé par la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF), en collaboration avec les autorités béninoises et la Commission de l’Union africaine, ce sommet rassemble des acteurs clés venus de tout le continent et au-delà. L’enjeu ? Passer d’une logique de raccordement à une stratégie globale intégrant viabilité économique, compétitivité industrielle et création d’emplois.

Au-delà du raccordement : l’énergie, un prérequis insuffisant pour la croissance

Le thème central, « De l’accès à l’énergie à la transformation économique : voies politiques pratiques pour la viabilité, la croissance et la réforme du secteur de l’électricité en Afrique », illustre parfaitement la rupture avec les approches traditionnelles. L’électricité ne peut plus être considérée comme un simple service public : elle doit devenir un pilier des stratégies industrielles et agricoles.

Les débats soulignent une réalité préoccupante : un système électrique coûteux ou irrégulier limite la productivité des entreprises, freine les investissements et compromet la compétitivité des économies locales. À l’inverse, un secteur énergétique performant soutient les chaînes de valeur, encourage l’entrepreneuriat et améliore les services essentiels.

Les coulisses politiques : quand Cotonou devient le laboratoire des réformes africaines

La cérémonie d’ouverture a réuni des figures institutionnelles influentes, dont Aristide Médenou, ministre de l’Économie et des Finances du Bénin, et Luc Gnacadja, maire de Cotonou. Leurs interventions ont mis en lumière une priorité : mesurer l’impact réel des politiques énergétiques sur la croissance économique et le bien-être social.

Les échanges ont révélé une approche innovante : évaluer les stratégies énergétiques non plus seulement par le nombre de raccordements, mais par leur capacité à générer des retombées économiques concrètes. Comment l’électricité peut-elle stimuler la production locale, améliorer les rendements agricoles ou encore renforcer les services publics ? Cette redéfinition des critères de succès marque une évolution majeure dans la gestion des secteurs énergétiques africains.

Institutions et financement : les leviers méconnus de la transformation énergétique

Mamadou Biteye, secrétaire exécutif de l’ACBF, a rappelé un point crucial : sans institutions solides, les réformes énergétiques resteront lettre morte. La capacité des pays africains à concevoir, mettre en œuvre et évaluer des politiques adaptées est un facteur déterminant pour leur succès.

Les discussions ont également mis en avant le rôle des acteurs locaux – administrations, opérateurs énergétiques, investisseurs et collectivités territoriales – dans la coordination et la régulation du secteur. La question du financement, avec ses défis de viabilité et d’accessibilité, a occupé une place centrale, soulignant le besoin de mécanismes innovants pour concilier rentabilité et service public.

Énergie et développement urbain : un duo gagnant pour Cotonou et au-delà

Pour Luc Gnacadja, maire de Cotonou, l’énergie est indissociable du dynamisme économique local. Les services publics, les commerces et les petites entreprises dépendent directement de sa disponibilité. Les politiques locales doivent donc intégrer cette réalité pour créer un environnement propice à l’innovation et à la création d’emplois.

Les travaux du sommet ont permis d’explorer des pistes concrètes : comment adapter les infrastructures aux besoins des villes ? Comment garantir un accès équitable à l’énergie pour les populations vulnérables ? Ces questions, loin d’être anodines, sont au cœur des défis de développement urbain en Afrique.

Une mobilisation collective pour un secteur électrique plus performant

La diversité des participants au sommet reflète une prise de conscience : les gouvernements ne peuvent résoudre seuls les défis énergétiques du continent. L’expertise des think tanks, l’appui des institutions régionales et la collaboration avec les partenaires au développement sont indispensables pour concevoir des solutions durables.

Les discussions s’articulent autour de trois axes majeurs :

  • Les réformes institutionnelles : renforcer les capacités des administrations pour concevoir des politiques adaptées.
  • Les modèles de financement innovants : trouver des solutions pour moderniser les infrastructures tout en garantissant leur accessibilité.
  • L’intégration des politiques énergétiques : articuler les stratégies nationales avec les priorités économiques et sociales.

Jusqu’au 30 octobre, Cotonou continue de servir de catalyseur pour ces réflexions. L’ambition ? Dégager des pistes d’action opérationnelles pour un secteur électrique plus performant, capable de soutenir pleinement la transformation économique de l’Afrique.

L’objectif final : faire de l’énergie un levier de prospérité pour tous

Les débats à Cotonou ont révélé une vérité simple : l’accès à l’électricité, bien qu’essentiel, ne suffit pas. Ce qui compte, c’est sa capacité à créer des opportunités économiques, à renforcer la compétitivité des entreprises et à améliorer le quotidien des populations.

Le 12ᵉ Sommet des think tanks africains pose ainsi les bases d’une nouvelle ère pour l’énergie en Afrique. Une ère où chaque watt compte, où chaque réforme est évaluée à l’aune de ses retombées concrètes, et où l’électricité devient le moteur d’un développement inclusif et durable. Cotonou, en octobre 2026, n’est plus seulement une ville hôte : elle est le symbole d’une Afrique déterminée à transformer ses défis énergétiques en atouts pour la croissance.

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Oumou Salifou
Journaliste
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