Conseil constitutionnel au Sénégal : le virage inattendu d’Ousmane Sonko
Conseil constitutionnel au Sénégal : le virage inattendu d’Ousmane Sonko
Le leader du parti Pastef, Ousmane Sonko, vient de surprendre l’opinion publique sénégalaise en modifiant radicalement sa position sur le Conseil constitutionnel. Après avoir prôné le respect de ses décisions, il en fait désormais une cible de critiques acerbes lors d’un rassemblement politique à Touba.
Quelques jours seulement après avoir salué la décision du Conseil constitutionnel invalidant un texte législatif controversé, Ousmane Sonko a opéré un revirement spectaculaire. Le 14 février dernier, le Conseil avait en effet censuré un projet de loi adopté par l’Assemblée nationale, visant à réduire les prérogatives du président de la République au profit du Parlement. À l’époque, le président de Pastef avait vivement soutenu cette décision, déclarant : « En démocratie, quand chaque institution exerce ses prérogatives dans le respect de ses missions, aucune crise ne peut émerger. »
Pourtant, lors de l’inauguration du siège du parti à Touba, Ousmane Sonko a adopté un ton radicalement différent. Devant une foule de militants en liesse, il a dénoncé avec véhémence l’ingérence du pouvoir exécutif dans le travail des députés, qualifiant la situation de « profondément préoccupante ».
« Le Conseil constitutionnel ne peut imposer aux députés de voter des lois uniquement dans l’intérêt du président de la République. C’est une dérive extrêmement grave pour notre pays », a-t-il affirmé avec force. Il a également pointé du doigt la fréquence des recours du chef de l’État devant cette institution, soulignant : « Chaque semaine, le président saisit le Conseil constitutionnel, comme s’il cherchait à étouffer toute velléité d’indépendance législative. »