2 juin 2026

Eveil des Nations

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Centrafrique : martin ziguélé dénonce la dégradation et plaide pour une concertation nationale

Plus de deux semaines après l’investiture officielle de Faustin Archange Touadéra, marquant le début de la Septième République en Centrafrique, la voix de Martin Ziguélé, ancien Premier ministre et figure emblématique du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), résonne à nouveau. Son intervention survient dans un contexte politique particulièrement tendu, caractérisé par des frictions persistantes entre le pouvoir en place et les forces d’opposition.

Depuis Bangui, Martin Ziguélé a livré une analyse sans concession de la situation actuelle. Il estime qu’après une décennie sous la gouvernance du régime en vigueur, le quotidien des citoyens centrafricains n’a montré aucune amélioration notable. L’urgence, selon lui, réside dans l’instauration d’un véritable échange entre les dirigeants politiques et les divers acteurs de la société civile, une étape qu’il juge indispensable pour inverser cette spirale négative.

Pour appuyer ses allégations, l’opposant met en lumière des statistiques préoccupantes concernant la pauvreté en Centrafrique. Un rapport de 2016 indiquait que plus de la moitié de la population vivait sous le seuil de pauvreté, avec moins de 1 000 francs CFA par jour. Les projections pour 2026 sont encore plus alarmantes, prévoyant que près des deux tiers des habitants seraient concernés. À cette précarité s’ajoutent des défis structurels majeurs : un accès insuffisant à l’eau potable et à l’électricité, des infrastructures de transport vétustes et la prolifération de barrages routiers illégaux qui entravent la libre circulation.

Le déclin des filières agricoles nationales constitue, d’après Ziguélé, une illustration frappante du recul économique du pays. Des productions autrefois florissantes se sont effondrées ; la culture cotonnière, qui atteignait jadis près de 100 000 tonnes, stagne désormais autour de 2 000 tonnes. Quant aux cultures historiques comme le café, elles ne fournissent plus de données fiables. Face à ce tableau sombre, Martin Ziguélé est convaincu qu’une véritable relance nécessite l’engagement d’un vaste chantier englobant à la fois les sphères politique et économique.

Le dialogue : une nécessité absolue pour le redressement centrafricain

Pour l’ancien Premier ministre, l’ouverture d’un dialogue constructif entre les différentes factions politiques est non négociable. Il souligne qu’en régime démocratique, le processus de discussion représente l’outil fondamental pour surmonter les impasses et les blocages. Il insiste également sur le fait que la majorité des Centrafricains résident en zones rurales, où ils subissent de plein fouet les conséquences de l’enclavement et de la désintégration des chaînes de production essentielles à leur subsistance.

Bien que le président Faustin Touadéra ait, lors de son investiture du 30 mars 2026, présenté un bilan globalement positif de ses deux mandats tout en reconnaissant l’ampleur des défis, Martin Ziguélé maintient sa position. Il affirme qu’en l’absence d’une concertation nationale large, sincère et inclusive, impliquant toutes les forces vives de la nation, il sera extrêmement ardu de mettre en œuvre les réformes indispensables au redressement de la Centrafrique.

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