2 juin 2026

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Bénin : les autorités déjouent une tentative de coup d’État, la CEDEAO envoie un soutien militaire

Les autorités du Bénin ont récemment annoncé avoir réussi à contrecarrer une tentative de coup d’État, visant à destituer le président Patrice Talon. Celui-ci a rapidement assuré que la situation était « totalement sous contrôle », tandis que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a promis un soutien militaire immédiat.

Cet événement survient à quelques mois de la fin du second mandat présidentiel de Patrice Talon, à la tête de ce pays d’Afrique de l’Ouest. Malgré une croissance économique soutenue, le Bénin fait face à des défis sécuritaires, notamment des violences djihadistes dans sa région nord.

L’instabilité politique est une préoccupation majeure en Afrique de l’Ouest depuis le début de la décennie, marquée par des coups d’État successifs au Mali, au Burkina Faso et au Niger – deux nations frontalières du Bénin –, ainsi qu’en Guinée et, plus récemment, en Guinée-Bissau fin novembre.

Dimanche matin, des coups de feu ont été signalés près de la présidence, suivis par l’apparition de militaires à la télévision nationale. Ces derniers ont annoncé la destitution du président Talon, invoquant la « dégradation de la situation sécuritaire » et la remise en cause des « libertés fondamentales ».

Cependant, quelques heures plus tard, le ministre béninois de l’Intérieur, Alassane Seidou, est intervenu à son tour sur la chaîne nationale pour confirmer que la tentative de putsch avait été déjouée.

Le président Patrice Talon a réaffirmé cette information lors d’une brève allocution à la Nation dimanche soir, déclarant la situation « totalement sous contrôle » et assurant que la « sécurité et l’ordre public seront maintenus partout sur le territoire national ». Il a également félicité les militaires de la garde républicaine et promis que « cette forfaiture ne restera pas impunie ».

La France, ancienne puissance coloniale, a rapidement condamné la tentative de coup d’État dimanche soir, exhortant ses ressortissants à la « plus grande prudence » et au confinement, en raison d’un « contexte encore volatil ».

À Cotonou, la capitale économique, l’ambiance était inhabituelle. Après une journée où la plupart des habitants ont poursuivi leurs activités, la ville s’est vidée plus tôt que d’habitude en soirée. Des barrages militaires ont été érigés autour de la présidence et du camp militaire de Guézo.

Michelle Eudoxie, une coiffeuse de 50 ans, a confié : « Ce soir, on va essayer de rentrer plus tôt. On ne sait pas qui est à la base de ce coup d’État. » Nabil Sacca, un vendeur d’essence près du palais présidentiel, a témoigné avoir entendu « les sons des balles » le matin même, le poussant à quitter le quartier par peur.

Déploiement de troupes ouest-africaines pour la stabilité

Selon des sources militaires, une douzaine de soldats ont été arrêtés, incluant certains instigateurs de la tentative de putsch. L’identité du meneur, le lieutenant-colonel Pascal Tigri, parmi les personnes interpellées n’a pas été précisée.

En fin d’après-midi, l’aviation nigériane a mené des frappes à Cotonou, conformément aux « protocoles de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) », a indiqué le général Ehimen Ejodamen, porte-parole de l’armée de l’air nigériane, sans détailler les cibles.

Par la suite, la CEDEAO a annoncé le « déploiement immédiat » de contingents militaires du Nigeria, de la Sierra Leone, de la Côte d’Ivoire et du Ghana. Leur mission est de soutenir « le gouvernement et l’armée républicaine » du Bénin et de « préserver l’ordre constitutionnel ».

La Force en attente de la CEDEAO a pour mandat d’assurer la paix et la stabilité régionales, comme en témoigne son intervention en Gambie en 2017 pour assurer une transition pacifique. Cependant, elle avait renoncé à intervenir après le coup d’État au Niger en 2023.

L’Union africaine (UA) a également « fermement et sans équivoque » condamné cette tentative de coup d’État.

L’histoire politique du Bénin a connu plusieurs coups d’État et tentatives, le dernier remontant à 1972. Remy Agblo, un commerçant, a exprimé son soulagement : « Aujourd’hui, c’est comme si je revivais ce que nos parents ont vécu en ce temps-là, heureusement que ça a été déjoué. »

Patrice Talon, au pouvoir depuis 2016, achèvera son second mandat en 2026, la limite constitutionnelle. Son dauphin désigné, l’actuel ministre des Finances Romuald Wadagni, est considéré comme l’ultra-favori pour la présidentielle d’avril 2026, d’autant que le principal parti d’opposition a été écarté de la course.

Anatole Zinsou, informaticien à Cotonou, a noté une « tension perceptible dans le pays depuis des mois du fait des élections » et déplore « l’exclusion » de certains acteurs des processus électoraux.

Bien que Patrice Talon soit salué pour le développement économique du Bénin, ses détracteurs l’accusent régulièrement d’avoir opéré un virage autoritaire, ternissant l’image d’un pays autrefois considéré comme un modèle de démocratie dynamique en Afrique de l’Ouest.

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