2 juin 2026

Eveil des Nations

Média panafricain dédié à l'éveil politique et culturel des nations africaines.

Bamako s’insurge contre la menace de dissolution des partis politiques au Mali

Bamako s’insurge contre la menace de dissolution des partis politiques au Mali

Des centaines de citoyens maliens ont défilé samedi à Bamako pour protester contre une éventuelle dissolution des partis politiques, un scénario de plus en plus évoqué par les autorités militaires en place. Cette mobilisation, inédite depuis plusieurs années, reflète les tensions grandissantes autour du régime dirigé par le général Assimi Goïta.

Manifestation à Bamako contre la dissolution des partis politiques au Mali

Les slogans « À bas la dictature ! » et « Vive la démocratie ! » ont retenti samedi au Palais de la Culture de Bamako, où des centaines de manifestants se sont rassemblés sur appel d’une coalition de partis politiques. Cette protestation, rare dans un contexte où la répression politique s’intensifie, marque un tournant dans l’histoire récente du Mali.

Équipés de pancartes et de drapeaux, les participants ont réclamé la tenue d’élections libres et le respect des droits fondamentaux. L’événement, encadré par les forces de l’ordre sans incident majeur, a connu un large écho sur les réseaux sociaux.

Une répression politique qui s’aggrave au Mali

Le 30 avril 2025, les autorités maliennes ont abrogé la loi encadrant le fonctionnement des partis politiques, une décision perçue comme une première étape vers leur dissolution totale. Cette initiative s’inscrit dans un processus de concertation organisé par la junte, mais largement boycotté par l’opposition.

Les propositions issues de cette réunion controversée vont encore plus loin : elles suggèrent la suppression pure et simple des partis politiques et la nomination du général Goïta à la présidence de la République pour une durée de cinq ans, renouvelable sans élection. La responsabilité de cette décision incombe désormais au chef de l’État, au pouvoir depuis les coups d’État de 2020 et 2021.

Un système démocratique en péril

Cette manifestation constitue l’un des rares actes publics de résistance face au régime militaire depuis 2021. Depuis leur accession au pouvoir, les autorités ont multiplié les actions répressives : poursuites judiciaires contre les opposants, dissolution d’organisations citoyennes et restriction de la liberté de la presse.

Pourtant, la Constitution de 1992, ainsi que la nouvelle Loi fondamentale adoptée en 2023, garantissent explicitement le multipartisme, la liberté d’expression et le droit d’association. Le Mali, aux côtés du Burkina Faso et du Niger, a quitté la Cédéao en 2024, perçue comme trop proche de la France, et a formé avec ces pays l’Alliance des États du Sahel, renforçant ainsi l’axe des régimes militaires en Afrique de l’Ouest.

Copyright © All rights reserved. | Newsphere par AF themes