22 juillet 2026

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Arrestation de l’imam Mohamad Ishaq Kindo au Burkina Faso

arrestation de l’imam Mohamad Ishaq Kindo au Burkina Faso

Mohamad Ishaq Kindo

Une arrestation aux conséquences inattendues au Faso. L’imam sunnite Mohamad Ishaq Kindo, figure religieuse influente, a été appréhendé mardi 26 mai à Ouagadougou par des agents des forces de l’ordre. Son lieu de détention reste à ce jour inconnu. Cette interpellation survient deux jours après que l’imam ait critiqué publiquement le projet de loi sur les libertés religieuses, adopté le 19 mars dernier.

La Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB), dont il est proche, a rapidement réagi en dénonçant une arrestation « dans des conditions encore floues ». L’organisation a immédiatement sollicité les autorités pour obtenir des éclaircissements et tenter d’obtenir une issue favorable à cette situation.

une interpellation sous haute tension

Selon un témoin présent lors de l’événement, l’imam Kindo a été arrêté vers 14h, à la veille de la célébration de l’Aïd, par des agents encagoulés mêlant policiers et militaires. « L’opération a été violente : les fidèles présents ont tenté de s’interposer, créant une atmosphère de tension palpable », a rapporté ce proche.

D’autres témoignages évoquent des blessés parmi les croyants lors de l’interpellation. Deux jours plus tôt, un enregistrement audio de l’imam, largement diffusé sur les réseaux sociaux, le montrait en train de dénoncer l’adoption du projet de loi sur les libertés religieuses. Il y mettait en garde les autorités : « Avant d’agir, interrogez-vous sur les conséquences de vos décisions. »

Ses propos incluaient également un avertissement solennel : « Que personne, quel que soit son rang, ne tente d’interdire les prières dans les espaces publics. Ni les chefs ni les hommes forts ne possèdent le pouvoir de Dieu. »

manifestations et réactions dans la communauté musulmane

L’annonce de son arrestation a provoqué une vague d’émotion au sein de la communauté. Des centaines de musulmans se sont rassemblés à Ouagadougou pour exiger sa libération. La manifestation, dispersée par les forces de l’ordre à l’aide de gaz lacrymogènes, a illustré l’ampleur du mécontentement.

La FAIB a appelé au calme, invitant les fidèles à la modération et à la sérénité dans cette épreuve.

silence des autorités et contexte politique

Au lendemain de cette arrestation, alors que la fête de Tabaski (Eid El-Kébir) s’achevait, le calme semblait revenu dans la communauté. Le président burkinabè, Ibrahim Traoré, a marqué l’événement en saluant le travail des forces de sécurité engagées contre le terrorisme. Il a également lancé un avertissement sans équivoque : « Quiconque s’oppose à la stabilité du pays ou tente de décourager nos combattants assumera pleinement les conséquences de ses actes. »

Pour l’heure, aucune déclaration officielle n’a été faite concernant le sort réservé à l’imam Kindo.

le projet de loi controversé sur les libertés religieuses

Le texte adopté en conseil des ministres le 19 mars dernier vise à encadrer les pratiques religieuses afin de prévenir les dérives observées sur les réseaux sociaux. Mariem Sanogo, directrice générale des Affaires religieuses, coutumières et traditionnelles, a expliqué que cette révision s’imposait face à la montée du radicalisme et de l’extrémisme violent. Elle a également évoqué la nécessité de lutter contre les discours de haine en ligne.

Ce projet de loi interdit notamment la construction de lieux de culte dans les administrations publiques, à l’exception des hôpitaux, prisons, casernes et camps militaires. Dans un pays où l’État se veut laïc et garantit l’égalité entre les confessions, cette mesure vise à éviter toute favoritisme. Les autorités ont tenu à préciser que la prière dans l’espace public reste autorisée, dans le respect des croyances d’autrui.

Depuis le changement de régime en 2022, plusieurs voix critiques ont disparu. Les autorités justifient leur politique répressive par la nécessité de lutter contre les groupes jihadistes qui menacent une grande partie du territoire.

Le Burkina Faso est dirigé depuis près de quatre ans par un gouvernement militaire dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré.

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