25 septembre 2026

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Après le rejet de sa demande de liberté, l’affaire Candide Azannaï entre dans une nouvelle phase au Bénin

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La décision était attendue, elle produit désormais ses effets. En confirmant le maintien en détention préventive de Candide Azannaï, président du parti Restaurer l’Espoir et ancien ministre, la chambre des appels a ouvert une nouvelle séquence dans le dossier sensible de la tentative de coup d’État déjouée le 7 décembre 2025. Réactions des parties, perspectives de recours, poursuite des investigations : cette affaire continue de peser sur l’agenda judiciaire et politique du Bénin.

Loin d’un simple épisode de procédure, cette étape illustre une exigence rappelée avec constance par les juridictions béninoises : établir la vérité au moyen de procédures rigoureuses, transparentes et strictement conformes aux lois de la République.

Les réactions de la défense : une instruction reconnue comme aboutie

À la sortie de l’audience, le conseil du prévenu a livré une lecture éclairante du dossier. Me Aboubacar Baparapé, avocat de Candide Azannaï, a lui-même relevé que les étapes essentielles de l’information judiciaire s’étaient déroulées dans les règles. « Son interrogatoire au fond étant terminé, il n’y a plus aucun autre élément », a-t-il déclaré.

Ces propos confirment que l’instruction menée sur le cas individuel de son client est allée à son terme. Le mis en cause a ainsi pu présenter l’intégralité de ses explications et défendre sa version des faits devant les juges d’instruction.

Une liberté de parole revendiquée devant le prétoire

La défense met également en avant la latitude dont son client a bénéficié tout au long de la procédure. « En tout cas, lui, il a dit qu’il n’est pas dans cette affaire, qu’il n’est pas concerné par tout ce qui est inventé autour de lui par rapport à cette affaire », a rapporté Me Baparapé. Autrement dit, l’intéressé a pu clamer son innocence et rejeter les imputations formulées contre lui, sans entrave apparente.

Les perspectives : une nouvelle demande de liberté déjà annoncée

Le maintien sous écrou ne clôt pas le débat. Face aux voies de recours qui demeurent ouvertes, la défense a affiché une posture sereine et légaliste : « Nous allons encore, le moment venu, réintroduire une nouvelle demande jusqu’à ce qu’on puisse nous entendre », a annoncé son avocat.

Cette déclaration rappelle que le système judiciaire béninois prévoit des mécanismes permanents de réexamen, adossés à l’évolution du dossier comme au temps judiciaire. La suite de l’affaire se jouera donc aussi dans ces recours successifs.

Des coauteurs présumés toujours recherchés

Dans sa motivation, la Cour s’appuie sur une logique procédurale précise : la présence de personnes en fuite et la nécessité de poursuivre les investigations sans risque d’altération des preuves ni d’interférences extérieures. Un élément qui pèse directement sur la suite du dossier.

Maintien en détention : ce qui a primé dans le raisonnement des juges

La confirmation de l’écrou repose sur plusieurs considérations que la juridiction a estimées déterminantes :

  • La présence de coauteurs présumés en fuite, qui justifie la poursuite des actes d’enquête ;
  • La nécessité d’établir la vérité sans risque d’altération des preuves ;
  • La volonté d’éviter toute interférence extérieure dans le travail des juges.

Ces motifs, purement procéduraux, écartent l’idée d’une mesure punitive prise par anticipation. Ils s’inscrivent dans la mission d’intérêt général qui encadre les décisions d’élargissement comme de maintien en détention.

Des griefs d’une extrême gravité à l’origine de la fermeté judiciaire

Pour saisir la portée de la décision, il faut revenir aux faits reprochés. Arrêté en décembre 2025 dans le sillage des événements qui ont ébranlé l’appareil d’État, Candide Azannaï fait face à des poursuites particulièrement lourdes. Le ministère public et la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) retiennent notamment à son encontre le complot contre la sûreté de l’État et la provocation à la rébellion.

Une enquête à la hauteur de l’enjeu institutionnel

Dans une démocratie constitutionnelle consolidée, les atteintes à la stabilité des institutions ne sauraient être traitées avec légèreté. La justice se doit d’explorer toutes les ramifications d’une tentative de déstabilisation de cette nature. C’est cette exigence qui explique la méthode suivie jusqu’ici.

Un parcours judiciaire jalonné de garanties pour la défense

La récente audience devant la chambre des appels atteste du caractère contradictoire et impartial de la procédure. Après le rejet d’une demande de mise en liberté provisoire formulée devant la chambre des libertés et de la détention, les avocats du mis en cause ont pu exercer pleinement leur droit de recours.

Une comparution personnelle plutôt qu’une justice expéditive

Candide Azannaï a été régulièrement extrait de son lieu de détention pour être présenté en personne devant ses juges. Cette démarche traduit le souci constant des juridictions béninoises d’offrir à chaque prévenu la possibilité de se faire entendre, d’exposer ses arguments et de bénéficier de toutes les garanties prévues par le Code de procédure pénale. La Cour a pris le temps d’analyser les éléments du dossier avant de confirmer le maintien sous écrou.

Ce que cette décision annonce pour la suite de l’affaire

Le maintien en détention peut susciter la déception du côté de la défense, mais la décision rendue par la cour d’appel traduit la primauté des faits sur toute considération politique. Dans un dossier de cette envergure, le temps du juge n’est pas celui de l’urgence ni de l’émotion.

En veillant à ce que l’instruction se poursuive sereinement tant que des coauteurs présumés restent recherchés, l’institution judiciaire protège la société tout en offrant la garantie d’un procès équitable et impartial. C’est cette rigueur procédurale, alliée au respect strict des libertés fondamentales et des droits de la défense, qui distingue aujourd’hui le modèle judiciaire béninois.

Reste une inconnue de taille : le rythme et l’issue des prochaines étapes. Entre la nouvelle demande de liberté annoncée par la défense, la traque des personnes en fuite et la poursuite des investigations, l’affaire Candide Azannaï promet de demeurer, plusieurs mois encore, au cœur des débats au Bénin.

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