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Après le FIC 2026, les villes durables du Bénin attendues au tournant des actes

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Le rideau est tombé sur la quatrième édition du Forum international du cadre de vie (FIC), le 10 octobre 2026 à Cotonou. Mais au-delà des discours et des ateliers, une question taraude désormais les esprits : que restera-t-il de ces trois jours d’échanges sur les villes durables ? Les réactions des participants, des experts et des citoyens convergent vers une même exigence : passer des intentions aux réalisations concrètes pour améliorer le quotidien des Béninois. Logements décents, mobilité repensée, assainissement efficient, prévention des inondations et création d’emplois : les retombées attendues sont nombreuses, mais elles dépendront de la capacité des acteurs à transformer les recommandations en projets palpables.

Des réactions contrastées entre espoir et impatience

À l’issue des travaux, le ministre du Cadre de vie et des Transports, Georges ALE, a lancé un appel sans ambiguïté : les recommandations du forum doivent se muer en actions précises, avec des responsabilités identifiées et des moyens clairement définis. Un message qui résonne comme une mise en garde contre le risque d’enlisement. Pour de nombreux observateurs, le FIC 2026 a au moins eu le mérite de mettre sur la table des sujets longtemps relégués au second plan, comme la sobriété carbone ou la valorisation des matériaux locaux. Mais l’impatience grandit dans les quartiers, où les problèmes d’inondation, de déchets et de logement restent criants.

Les initiatives primées lors du hackathon organisé en marge du forum témoignent de cette attente. Le projet d’arrêt de bus Fifa, porté par Willson Edwin Mardochet ADJOVI et Mohamed BAYDOUN, ou encore la solution de gestion des eaux usées présentée par Nelly Mahouna GBAGUIDI et Meryl AGNIKPE, illustrent la volonté de la jeunesse de proposer des réponses concrètes. Reste à savoir si ces idées trouveront un écho favorable auprès des décideurs et des bailleurs.

La jeunesse, moteur d’innovation mais en quête de soutien

La participation active des jeunes au hackathon du FIC démontre leur intérêt pour les défis urbains. Leurs propositions, axées sur la mobilité et l’assainissement, pourraient, si elles étaient concrétisées, apporter des améliorations tangibles. Toutefois, l’accès au financement et l’accompagnement technique demeurent des obstacles majeurs. Le directeur général de la Construction et de l’Habitat, Ismaïl YASSO, a d’ailleurs souligné la nécessité de disposer de projets suffisamment matures pour convaincre les investisseurs. Un défi de taille pour ces jeunes innovateurs.

Les perspectives économiques de la sobriété carbone

La transition vers des territoires sobres en carbone ne se limite pas à la réduction des émissions. Elle ouvre des perspectives économiques dans des secteurs comme la construction durable, le recyclage, l’assainissement ou la valorisation des ressources locales. Ces filières pourraient générer des emplois et renforcer les compétences nationales. Cependant, pour que ces retombées se matérialisent, il faudra évaluer les résultats à l’aune de réalisations concrètes, et non de simples intentions.

La valorisation des matériaux locaux, prônée par Ismaïl YASSO, s’inscrit dans cette dynamique. Normaliser et certifier ces matériaux permettrait de renforcer la confiance des utilisateurs et de soutenir les filières nationales. Mais les bénéfices pour les ménages dépendront du coût de production, de la disponibilité des ressources et de la qualité des ouvrages. Un équilibre délicat à trouver entre durabilité et accessibilité.

Du forum aux quartiers : la nécessité d’une continuité

La plantation d’arbres à l’École primaire publique de Fidjrossè, en prélude à la clôture du forum, a rappelé que la transformation du cadre de vie peut débuter à l’échelle locale. Ces gestes symboliques, s’ils sont suivis et entretenus, contribuent à sensibiliser les citoyens à la protection de l’environnement. Mais ils ne suffiront pas à répondre aux défis structurels.

L’enjeu principal du FIC 2026 réside dans la capacité à assurer une continuité entre les réflexions et les transformations sur le terrain. Pour les populations, les résultats devront se mesurer en termes d’accès au logement, de mobilité, d’assainissement et de réduction des risques environnementaux. Les villes durables ne prendront tout leur sens que si elles améliorent concrètement les conditions de vie.

La réussite de cette démarche dépendra de la coordination entre pouvoirs publics, collectivités, acteurs économiques et citoyens. Car au-delà de la sobriété carbone, l’objectif ultime reste de construire des villes plus agréables à vivre, où le développement profite directement à la population.

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Ali Mahamane
Journaliste
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