Abidjan impulse la révolution des minéraux stratégiques pour l’Afrique
À Abidjan, les nations africaines riches en minéraux critiques et leurs alliés internationaux ont posé les bases d’une stratégie commune pour transformer ces ressources en leviers de croissance durable. L’enjeu ? Convertir un trésor estimé à 29 500 milliards de dollars en un moteur d’industrialisation, d’innovation et de développement social, tout en renforçant l’autonomie du continent.
Une conférence ministérielle majeure s’est tenue récemment dans la capitale ivoirienne, réunissant des décideurs chargés des Mines, de l’Énergie et de l’Économie verte, ainsi que des représentants de l’Union africaine, de la ZLECAf, des Nations unies et de banques de développement. L’objectif affiché : repenser la gouvernance des ressources stratégiques pour en maximiser les retombées locales.
Abidjan, cœur d’un nouveau chapitre minier continental
Cette rencontre a marqué un tournant dans la gestion des ressources naturelles africaines. Les participants ont souligné la nécessité de rompre avec les modèles traditionnels d’exportation brute, jugés peu profitables pour les populations. L’accent a été mis sur la création de valeur ajoutée et le développement de chaînes de valeur régionales intégrées.
Un appel à un « changement de paradigme » par la BAD
Sidi Ould Tah, président de la Banque africaine de développement, a plaidé pour une refonte profonde de la gestion des mines africaines. « L’ambition est de bâtir un partenariat inédit où le continent maîtrise pleinement ses ressources et en redistribue les bénéfices équitablement », a-t-il déclaré. Il a insisté sur l’urgence de transformer localement les matières premières, de renforcer les infrastructures et de recapitaliser les institutions financières africaines, dont le poids reste marginal à l’échelle mondiale.
La Côte d’Ivoire mise sur son sous-sol pour son avenir économique
Le ministre ivoirien des Mines, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a rappelé que près de 75 % du territoire ivoirien recèle des gisements de minéraux critiques. Une manne stratégique pour concrétiser la vision du président Alassane Ouattara : faire de la Côte d’Ivoire un pays à revenu intermédiaire d’ici 2030. Un plan ambitieux de 38 000 milliards de francs CFA, financé à 88 % par le secteur privé, vise à exploiter ce potentiel via une politique minière intégrée sur 15 ans.
Un potentiel minier colossal face à une demande mondiale en feu
L’Afrique abrite 30 % des réserves mondiales de minerais essentiels à la transition énergétique : cobalt, lithium, graphite, terres rares, cuivre, nickel et manganèse. Pourtant, seulement 12 % de ces ressources sont aujourd’hui exploitées. Avec une demande mondiale appelée à exploser – le lithium pourrait voir ses besoins multipliés par 9 d’ici 2040 –, le continent détient une carte maîtresse pour façonner l’économie de demain.
Les chaînes de valeur des énergies renouvelables et des véhicules électriques, estimées à 59 000 milliards de dollars d’ici 2050, offrent une opportunité historique. Les dirigeants africains présents à Abidjan ont réaffirmé leur détermination à ne plus se contenter d’exporter des matières brutes, mais à construire des industries locales compétitives, génératrices d’emplois et de richesse durable.