1er octobre au Cameroun : la crise anglophone sous haute tension dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest Politique by Ali Mahamane - 1 octobre 20260 Enregistrer en PDFÉcouter la lecture3 min×1 Un jour symbolique marqué par la « ville morte » dans les régions anglophones Le 1er octobre, jour anniversaire de la réunification du Cameroun, s’est transformé en une journée de tensions latentes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Cette date, à la fois historique et controversée, a été choisie par les séparatistes anglophones pour appeler à une mobilisation massive sous le mot d’ordre de « ville morte ». Face à cette initiative, les autorités camerounaises ont déployé un dispositif de sécurité renforcé pour éviter d’éventuels débordements. Une mobilisation discrète mais un contexte sous surveillance Dès la mi-journée, les principales villes des deux régions, comme Bamenda (Nord-Ouest) et Buea (Sud-Ouest), présentaient un visage déserté. Les habitants, en réaction à l’appel des séparatistes, ont majoritairement choisi de rester chez eux, limitant ainsi les activités commerciales et publiques. Une ambiance de calme apparent qui contraste avec la tension palpable en arrière-plan. Les rues de Bamenda, bien que peu animées, ont été quadrillées par des patrouilles militaires et des blindés, présentés comme une mesure « dissuasive » par les forces de l’ordre. La même scène s’est répétée à Buea et dans les localités voisines, où les commerces ont baissé le rideau pour respecter le mot d’ordre de la « ville morte ». Les réseaux sociaux, amplificateurs d’un débat de dix ans Sur les plateformes comme TikTok, des débats animés ont émergé autour des dix années de crise qui secouent les régions anglophones. Des panels en ligne, ornés des couleurs bleu et blanc symbolisant la cause séparatiste, ont permis à des voix comme celle de Khongor Félix Agbor, avocat et ancien détenu, de s’exprimer. Dans ses propos, il a souligné l’ampleur des conséquences humaines : « Des familles endeuillées, des déplacés internes, des enfants privés d’école et une population sous l’emprise de la peur ». Un bilan humain déjà lourd Selon les rapports d’ONG locales et internationales, la crise anglophone a déjà causé la mort de plus de 6 000 personnes et forcé des centaines de milliers de Camerounais à quitter leurs foyers. Une situation qui perdure depuis une décennie, malgré les efforts de médiation et les interventions militaires. Un anniversaire sous tension : entre mémoire et revendications Le 1er octobre 2017, les séparatistes avaient proclamé unilatéralement l’indépendance des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, marquant le début d’un conflit qui s’est intensifié au fil des années. Aujourd’hui, cette date reste un symbole fort pour les deux camps : un rappel historique pour les autorités camerounaises, une occasion de revendications pour les partisans de l’Ambazonie. Malgré les appels à la « ville morte », la journée s’est déroulée sans incident majeur, mais avec une vigilance accrue des forces de sécurité. Par Ali Mahamane — Journaliste Suivre ce sujetRecevez les derniers articles dans votre lecteur RSSPolitiqueTous les articles