Rapprochement Côte d’Ivoire – Mali : quelles retombées attendre de la visite de Vassiriki Traoré à Bamako ? A la Une Par Oumou Salifou - 14 octobre 20260 Enregistrer en PDFÉcouter la lecture4 min×1 La visite de travail de Vassiriki Traoré, patron du renseignement ivoirien, à Bamako, à partir du jeudi 15 octobre 2026, suscite déjà de nombreuses attentes. Invité par son homologue malien, le général Modibo Koné, le chef des services secrets ivoiriens entame un déplacement de trois jours qui pourrait bien redistribuer les cartes de la coopération sécuritaire entre la Côte d’Ivoire et le Mali. Au-delà de la simple poignée de main, l’événement est scruté pour ses retombées concrètes sur la lutte contre le terrorisme et sur l’avenir des relations bilatérales. Un rendez-vous sous haute attente Officiellement, Vassiriki Traoré se rend à Bamako à l’invitation du directeur de l’Agence nationale de la sécurité d’État du Mali, Modibo Koné. Les discussions devraient porter sur le partage de renseignements et le renforcement de la collaboration sécuritaire. Mais pour de nombreux observateurs, cette rencontre pourrait surtout servir de test : celui de la capacité des deux pays à dépasser leurs différends pour faire face à une menace commune. Les autorités ivoiriennes n’ont pas encore détaillé leurs attentes. Toutefois, plusieurs sources s’accordent à dire que l’enjeu principal réside dans la reprise d’un canal de communication direct entre les deux services de renseignement, interrompu depuis plusieurs années. Des relations bilatérales encore fragiles Depuis l’arrivée au pouvoir des militaires maliens en 2020, les rapports entre Abidjan et Bamako se sont peu à peu dégradés. Désaccords diplomatiques, positions divergentes sur la présence française dans la région et incidents sécuritaires ont nourri une méfiance réciproque. L’affaire des 49 militaires ivoiriens arrêtés à Bamako en juillet 2022 reste l’épisode le plus marquant de cette brouille. Présentés comme des mercenaires par les autorités maliennes, les soldats avaient été condamnés avant de recevoir une grâce. La Côte d’Ivoire avait pour sa part affirmé qu’ils étaient déployés dans le cadre d’une mission de soutien aux Nations unies. Cet épisode continue de peser sur la confiance entre les deux capitales. La menace terroriste, un défi qui impose la coopération Malgré les tensions politiques, la lutte contre les groupes jihadistes demeure une priorité pour les deux États. Le Mali fait face à des attaques récurrentes, tandis que la Côte d’Ivoire surveille de près l’évolution de la situation dans ses régions septentrionales, proches de la frontière malienne. Dans ce contexte, une meilleure coordination des services de renseignement pourrait améliorer la prévention des attaques, la surveillance des frontières et la circulation des informations sur les mouvements des groupes armés. La visite de Vassiriki Traoré est donc perçue comme une occasion de réexaminer les possibilités de coopération, en dépit des divergences politiques. Quelles suites après la visite ? L’issue de ce déplacement reste incertaine. Si les deux parties parviennent à s’entendre sur des modalités de coopération, cette rencontre pourrait ouvrir une nouvelle phase de dialogue entre Abidjan et Bamako. À l’inverse, un échec risquerait d’enliser un peu plus les relations bilatérales. Plusieurs questions demeurent en suspens : un mécanisme de partage d’informations sera-t-il mis en place ? Les échanges aboutiront-ils à des actions concrètes sur le terrain ? Et surtout, cette initiative suffira-t-elle à poser les bases d’un rapprochement durable entre les deux pays ? Les prochains jours devraient apporter les premiers éléments de réponse. Par Oumou Salifou — Journaliste / Rédacteur Fils d'actualité (RSS)Ajoutez nos flux XML à votre agrégateur RSS (Feedly, Inoreader, Thunderbird...)A la UneTous les articles