N’Djamena : Léa vend du manioc pendant les vacances pour payer ses études A la Une Par Ali Mahamane - 30 juin 202624 septembre 20260 Enregistrer en PDFÉcouter la lecture2 min×1 Pour de nombreux élèves tchadiens, les vacances ne riment pas avec repos, mais avec apprentissage concret. À N’Djamena, Léa, une lycéenne en classe de seconde vivant dans le quartier Kilwiti, a choisi de vendre du manioc dans les rues de la capitale pour financer sa prochaine rentrée scolaire.Un commerce de rue pour préparer l’avenirAvec une bassine chargée de tubercules posée sur la tête, Léa parcourt chaque jour les artères de N’Djamena à la recherche de clients. « Je vis avec ma mère au quartier Kilwiti. Je profite des vacances pour vendre du manioc, ce qui me permettra de préparer la prochaine rentrée scolaire », confie-t-elle. Les prix varient de 50 à 500 FCFA, mais l’activité n’est pas sans difficultés.« Le manioc est devenu cher. Certains clients trouvent que nos portions à 100 ou 200 FCFA sont trop élevées, mais ils ignorent que nous achetons la marchandise à prix fort. Nous ne pouvons pas vendre à perte », explique la jeune vendeuse. Heureusement, une partie de la clientèle comprend leur situation et les encourage dans leur démarche.Un contexte de pauvreté omniprésentLe Tchad fait face à une pauvreté généralisée. Selon les données disponibles, 44,8 % de la population vit en dessous du seuil national de pauvreté, et 36,5 % survit avec moins de 2,15 dollars par jour, soit un taux d’extrême pauvreté alarmant. Le pays figure également parmi ceux ayant l’indice de capital humain le plus faible au monde, ce qui freine les perspectives de développement pour la jeunesse.Un changement de mentalité chez les jeunesAu-delà de l’urgence financière, l’initiative de Léa illustre une prise de conscience collective. Face à un marché de l’emploi incertain et à une école qui ne garantit plus un avenir professionnel stable, ces élèves comprennent l’importance de diversifier leurs compétences et de gagner en autonomie financière dès le plus jeune âge. En parallèle de leurs études, elles apprennent la rigueur et les réalités du monde des affaires. Par Ali Mahamane — Reporter Fils d'actualité (RSS)Ajoutez nos flux XML à votre agrégateur RSS (Feedly, Inoreader, Thunderbird...)A la UneTous les articles