Littoral Fidjrossè-Ouidah : ce que la nouvelle Autorité implique pour les riverains et les projets touristiques Actualités Par Ali Mahamane - 8 octobre 20260 Enregistrer en PDFÉcouter la lecture4 min×1 Une nouvelle autorité pour reprendre la main sur le littoral Le Conseil des ministres a approuvé la création d’une Autorité pour l’Aménagement des Bassins de la zone de Fidjrossè à Ouidah. Cette décision marque une étape décisive dans la gestion d’un corridor côtier devenu stratégique pour le Bénin. Elle vise à concilier le développement touristique de la Route des Pêches avec la protection des zones humides et la lutte contre les inondations. Les réactions des acteurs locaux et les perspectives de mise en œuvre sont au cœur des préoccupations. Un littoral sous pression Longtemps resté à l’écart des grands aménagements, l’axe Fidjrossè-Ouidah connaît une transformation rapide. Routes, ouvrages d’assainissement et infrastructures touristiques ont modifié le paysage. Cette modernisation s’accompagne d’une pression foncière accrue, menaçant les marécages et zones humides qui jouent un rôle clé dans la régulation des eaux. Le gouvernement veut désormais encadrer cette dynamique pour éviter une dégradation irréversible. Les zones humides, un enjeu de survie Les occupations anarchiques du domaine public naturel, notamment dans les marécages, réduisent la capacité de rétention des eaux et aggravent les risques d’inondation. La future Autorité aura pour mission de protéger ces espaces sensibles tout en permettant un développement maîtrisé. Sa compétence couvrira la planification territoriale, la protection de l’environnement, l’aménagement urbain et paysager, ainsi que la gestion durable du littoral. Des compétences élargies pour une gestion intégrée La nouvelle structure ne se limitera pas à la question des inondations. Elle devra aussi lutter contre l’érosion côtière et la submersion marine, en coordonnant la mise en œuvre d’ouvrages et de mesures adaptées. Elle surveillera la qualité environnementale du secteur et encadrera les rejets et pollutions. Le cordon dunaire et les écosystèmes côtiers feront l’objet d’une attention particulière. Contrôle renforcé de l’urbanisation L’Autorité veillera au respect des règles d’urbanisme et des cahiers des charges. Elle contrôlera les occupations du sol et donnera un avis conforme avant toute autorisation d’occupation temporaire du domaine public maritime et lagunaire. Ce dispositif devrait limiter les conflits d’usage et mieux protéger les espaces fragiles. Le tourisme réorganisé, pas remis en cause Le développement touristique reste une priorité. L’Autorité examinera les projets d’infrastructures touristiques, balnéaires, culturelles et récréatives. Elle coordonnera les activités commerciales, artisanales et sportives sur la bande côtière. L’objectif est de faire cohabiter tourisme, loisirs et protection de l’environnement, un équilibre crucial pour la Route des Pêches. Partenariat public-privé et mise en œuvre Pour financer et exploiter les équipements, le gouvernement mise sur le partenariat public-privé. L’Autorité devra favoriser ces collaborations pour mobiliser les investissements nécessaires. Les statuts ont déjà été approuvés ; le ministre du Cadre de Vie et du Développement durable doit maintenant organiser sa mise en place avec les autres ministères concernés. Quelles suites pour les riverains et les projets en cours ? Les riverains et les porteurs de projets attendent des clarifications sur les modalités d’application. La nouvelle Autorité devra trouver un équilibre entre impératifs environnementaux et attractivité économique. Le corridor Fidjrossè-Ouidah devient ainsi un laboratoire grandeur nature pour la gestion durable du littoral béninois. Par Ali Mahamane — Journaliste / Rédacteur Fils d'actualité (RSS)Ajoutez nos flux XML à votre agrégateur RSS (Feedly, Inoreader, Thunderbird...)ActualitésTous les articles