Le commerce tchadien sous la domination de Pékin et des Émirats Actualités Par Ali Mahamane - 9 juin 202624 septembre 20260 Enregistrer en PDFÉcouter la lecture3 min×1 Le commerce tchadien sous la domination de Pékin et des ÉmiratsPékin s’impose comme le premier fournisseur du TchadEn 2025, la Chine a livré pour 306,5 milliards de francs CFA de marchandises au Tchad, soit 30,7 % du total des importations. Ce volume place Pékin loin devant le deuxième fournisseur, le Cameroun, avec seulement 108,4 milliards (trois fois moins). La Libye arrive en troisième position avec 85,8 milliards (8,6 %). Les produits chinois vendus au Tchad sont essentiellement manufacturés : équipements industriels, biens de consommation courante. Une relation typique entre un pays industrialisé et un pays riche en matières premières, modèle que la Chine a reproduit sur tout le continent africain.Les Émirats arabes unis, premiers clients à l’exportDu côté des exportations, la situation est inversée. Les Émirats arabes unis achètent pour 333,3 milliards de francs CFA de produits tchadiens, soit 26,2 % des exportations totales. Ils devancent la Malaisie (297,8 milliards, 23,4 %) et l’Allemagne (279,9 milliards, 22 %). Le rôle des Émirats est celui d’une plateforme de redistribution : Dubaï et Abou Dhabi servent de hubs où le pétrole brut tchadien transite avant d’être réexporté. Cette intermédiation est lucrative pour les Émirats, mais elle empêche N’Djamena de connaître la destination finale de ses hydrocarbures.Des chiffres clés30,7 % des importations viennent de Chine, un record régional26,2 % des exportations sont captées par les Émirats arabes unis79,8 % des importations sont concentrées sur dix paysLa France et les États-Unis relégués au second planLa France, malgré les liens historiques, ne pèse que 5,1 % des importations (50,9 milliards), au sixième rang. Les États-Unis, cinquièmes avec 53 milliards (5,3 %). Ces chiffres montrent un rééquilibrage progressif des échanges tchadiens vers l’Asie, le Moyen-Orient et les économies émergentes, au détriment des puissances occidentales traditionnelles. L’Inde (4,3 %), le Togo (3,6 %), le Brésil (2,9 %) et la Turquie (2,3 %) complètent ce tableau diversifié à l’import.Une dépendance commerciale préoccupanteLa leçon stratégique est claire : le Tchad vend à un nombre restreint de destinations (les dix premiers acheteurs représentent 98,9 % des exportations) et s’approvisionne auprès de fournisseurs dominés par Pékin. Cette double concentration expose le pays à des chocs externes qu’une politique de diversification commerciale permettrait d’atténuer. Par Ali Mahamane — Reporter Fils d'actualité (RSS)Ajoutez nos flux XML à votre agrégateur RSS (Feedly, Inoreader, Thunderbird...)ActualitésTous les articles