You are here
Home > Économie >

Gabon : 400 jeunes formés à Libreville, un test pour l’économie réelle

Écouter la lecture5 min

Gabon : 400 jeunes formés à Libreville, un test pour l’économie réelle

Libreville, 4 octobre 2026 – Le 2 octobre 2026, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu la ministre du Commerce, des PME et des PMI, Zenaba Gninga Chaning. Objectif : présenter des programmes de formation, d’insertion professionnelle et d’accompagnement des jeunes. Premier résultat concret : 400 jeunes seront formés à Libreville avant un déploiement progressif dans les neuf provinces.

Un choix assumé : former pour l’économie réelle

Le Gabon mise sur un levier moins visible que le pétrole ou les infrastructures : les compétences de sa population. La priorité donnée aux métiers techniques et pratiques vise à rapprocher l’offre de formation des besoins des entreprises. Les 400 premiers bénéficiaires ne doivent pas seulement obtenir une qualification : ils doivent la convertir en emploi, en revenu ou en entreprise.

Cette approche rompt avec une logique de diplôme pour elle-même. Elle installe une chaîne exigeante : compétence, insertion, production, revenus, création de valeur. Le dispositif prévoit un accompagnement au-delà de la salle de formation, avec appui technique, accès au financement et suivi des projets. Un triptyque « former, accompagner et financer » déjà présenté en août, avec des mécanismes de garantie pour les jeunes porteurs de projets.

Produire davantage avec des compétences nationales

L’ambition est stratégique : accroître la participation des Gabonais aux chaînes de valeur nationales. Il s’agit de soutenir les PME et PMI, de favoriser la production locale et de réduire progressivement le recours aux compétences extérieures lorsqu’elles peuvent être développées au Gabon.

Cette question est centrale dans les secteurs où le pays investit : infrastructures, énergie, pétrole et gaz, numérique, industrie, services techniques, transformation des matières premières. Leur développement ne dépend pas que des capitaux. Il repose sur une main-d’œuvre capable d’installer, d’exploiter, de maintenir, de gérer et d’innover.

Le signal de Port-Gentil

Quelques jours plus tôt, à Port-Gentil, le chef de l’État a visité l’Institut du pétrole et du gaz. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les formations scientifiques, techniques, pétrolières, gazières et énergétiques pour répondre aux besoins des entreprises et réduire la dépendance à certaines formations réalisées à l’étranger.

La cohérence est claire : la souveraineté économique ne se limite pas au contrôle des ressources. Elle exige des femmes et des hommes capables de les transformer en valeur.

Des 400 premiers à un changement d’échelle

La première cohorte de 400 jeunes est un test grandeur nature. Le passage de Libreville aux neuf provinces sera déterminant. Une politique nationale de compétences ne peut réussir si elle concentre les opportunités dans la capitale.

Le défi sera d’adapter les formations aux réalités de chaque territoire. Les besoins d’un bassin pétrolier, d’une zone agricole, d’un territoire minier ou d’un pôle urbain diffèrent. L’extension provinciale doit être pensée comme une politique de développement territorial autant que d’emploi.

Mesurer l’après-formation

C’est l’après-formation qui révélera la portée du programme. Combien de jeunes accéderont à un emploi ? Combien créeront une activité viable ? Combien d’entreprises grandiront grâce aux compétences disponibles ? Quelle part de ces activités renforcera les chaînes de valeur locales ? Ces indicateurs seront plus significatifs que le seul nombre de formés.

Le Gabon ouvre un chantier moins spectaculaire que les infrastructures physiques, mais tout aussi déterminant. Une route rapproche les territoires ; une centrale alimente l’économie ; un port facilite les échanges. Mais ce sont les compétences qui font fonctionner ces infrastructures, développent les entreprises et font produire durablement les investissements.

Faire du capital humain une infrastructure stratégique, c’est comprendre que la transformation économique ne sera durable que lorsque les Gabonais disposeront eux-mêmes des capacités pour la concevoir, la construire et en capter la valeur.

Suivre ce sujetRecevez les derniers articles dans votre lecteur RSS
Top