Échanges Afrique-Chine : ce que l’accord Ecobank-CIPS change concrètement Actualités Par Ali Mahamane - 14 octobre 20260 Enregistrer en PDFÉcouter la lecture4 min×1 C’est à Pékin, le 10 octobre 2026, que le groupe bancaire panafricain Ecobank a signé un protocole d’accord avec le système chinois de paiements interbancaires transfrontaliers CIPS. L’ambition affichée : faciliter les règlements en renminbi, la monnaie chinoise, entre les entreprises africaines et leurs partenaires chinois. Mais derrière la signature, l’enjeu réel réside dans les effets tangibles pour les opérateurs économiques et dans la direction que prend ce rapprochement. La cérémonie s’est déroulée en marge de la visite officielle en Chine du président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé, en présence du ministre togolais des Finances et du Budget, Essowè Georges Barcola. Des transactions courantes appelées à évoluer Sur le papier, ce partenariat doit élargir les capacités de paiement et de compensation en yuans entre les deux zones. Il vise également à simplifier les règlements transfrontaliers et à faciliter l’accès des entreprises aux circuits financiers. Ecobank, dont le siège est à Lomé et qui est présente dans 34 marchés africains, souhaite ainsi mieux accompagner les importateurs, les exportateurs et les investisseurs actifs sur le corridor Chine-Afrique. Un moyen de réduire les frictions liées aux paiements Pour les entreprises, les paiements internationaux restent souvent synonymes de délais, de frais et de conversions successives de devises. Le recours au yuan offre une possibilité supplémentaire pour régler directement certaines opérations commerciales avec la Chine. Il peut diminuer la complexité des transactions concernées. Attention toutefois : l’accord ne signifie pas que tous les paiements entre l’Afrique et la Chine se feront désormais en monnaie chinoise. Un contexte d’échanges sino-africains en forte croissance Ce rapprochement intervient dans un contexte de progression marquée des échanges entre la Chine et l’Afrique, qui atteignent environ 348 milliards de dollars en 2025, selon les données citées par Ecobank. La Chine demeure le premier partenaire commercial du continent. Dans ce cadre, les infrastructures de paiement et de règlement deviennent un enjeu majeur pour les entreprises qui commercent entre les deux régions. Une stratégie chinoise qui se renforce Ecobank est implantée en Chine depuis 2012 et ouvre de nouveaux bureaux à Pékin. Cette présence sert de point de contact aux entreprises, institutions financières et investisseurs chinois désireux de développer leurs activités en Afrique. Le groupe s’appuie aussi sur des équipes dédiées à la clientèle chinoise en Afrique de l’Ouest, centrale et de l’Est, ainsi que sur ses services de financement du commerce, de paiement et de gestion de trésorerie. Un partenariat qui s’ajoute à d’autres initiatives L’accord avec CIPS complète d’autres démarches d’Ecobank, notamment sa coopération avec Bank of China (Mauritius) et des plateformes de paiement transfrontalier comme XTransfer, YeePay et WorldFirst. L’ensemble s’inscrit dans une stratégie visant à mieux relier le réseau bancaire africain du groupe aux entreprises chinoises. Quelles perspectives pour le yuan et le dollar ? Cette évolution participe à l’internationalisation du yuan et à la diversification des moyens de règlement. Elle ne signifie toutefois pas que le dollar perd immédiatement sa place dominante dans les échanges mondiaux. Les paiements en yuans constituent un canal supplémentaire, dont l’ampleur dépendra de son adoption par les entreprises et les banques. La suite se jouera donc moins sur le terrain diplomatique que dans les back-offices et les services financiers des entreprises. Par Ali Mahamane — Journaliste / Rédacteur Fils d'actualité (RSS)Ajoutez nos flux XML à votre agrégateur RSS (Feedly, Inoreader, Thunderbird...)ActualitésTous les articles